Archives de catégorie : Actualités 2026

Feux de la colère


Quand la jeunesse gronde
Du fait du manque de moyens
Et de l’égocentrisme des possédants
La prière est l’espérance au monde
Quand brule le feux extérieur
Que les langues sombres du Satan
Distillent du poison en occultant
La voie intérieure du germe divin
Quand tout ne semble que chaos
Désolation et nihilisme
Tu peux ma soeur mon frère
Ouvrir ton coeur avec trois clefs d’or
L’Intelligence, l’amour et la foi

Sylvain Josserand 12 octobre 2027

Albert Michu

Depuis mars 2026, je me suis livré à une forme expérimentale de l’écriture
d’un roman de 100 pages et de 12 chapitres.

Octobre 2026, je fais parvenir  la version totale que j’ai reprise en y apportant un peu plus de pensées positives et d’espérance. Une retraite spirituelle en Ardèche en juillet m’a aidé à rendre ce texte moins chargé d’idées négatives.
Ce n’est plus de la littérature, puisque je ne désespère pas mes lecteurs : c’est plus un acte de Foi et de résilience de mon personnage, Albert Michu.
La version totale revue et corrigée : Albert-Michu-corrigé-10-10-2026

 

Un café crème chez Mollard

Entre deux trains, venant d’Arras,
Passant par étape d’Amiens
Avant de prendre train d’Évreux
M’arrête devant Saint Lazarre
Un moment de paix, de confort,
Dans le restaurant chez MOLLARD,
17 heures un salon de thé.
Carré de chocolat avec un café crème
Pour trois euros soixante-dix…
C’est vide… Ailleurs foules s’entassent
Au Starbucks ou dans les Mac do…
Finalement, je suis réac !
Je préfère vivre à l’ancienne
Sous les plafonds de céramique,
Dans les décors de belle époque
Avec les œuvres de Mucha.
Je savoure, seul en la salle…

Martial Maynadier Septembre 2026

Cultivons nos écrits

Hier, l’art jaillissait, spontané, source vive,
Aux confins du passé maintenant, il s’épuise
L’héritage perdu, traditions oubliées,
Il va, cherchant du sens en la forêt cachée.

Mais voici le jardin, refuge pour l’esprit,
Où l’herbe, humble servante à la clarté sourit.
Les champs qui parlent bas aux feuilles murmurantes
Offrent à l’homme las leurs promesses vivantes.

À l’orée de la page, hésitant, je m’avance,
Trois petits coups de plume éveillent la cadence.
Écrire, c’est semer le souffle originel,
Dans la terre du verbe, implanter l’essentiel.

Que l’art, inspiré d’air et de lumière pure,
Retrouve sa vigueur, sa beauté, sa nature,
Qu’il chante les vergers, les bois et les saisons,
Qu’il nourrisse les cœurs de vivantes moissons.

Martial Maynadier Septembre 2026

À Borée

Sur la pente du Tchier
Une clairière poétique
Un labyrinthe initiatique
Où les pierres levées murmurent
Elles se sont enracinées
Sous le regard des sucs
Des forêts, des genêts
À l’odeur douceâtre de mon enfance.
Face au village perché
Aux maisons de pierres volcaniques
Aux toits de lauze argentés
Au lavoir illustré par Eve
Fraîcheur de l’eau
Où nos voix font écho
Les pierres du Tchier de Borée
Gravées, sculptées
Au ventre calligraphié
Façonnent la magie du lieu
Ainsi que le regard des passants
Une architecture naturelle
Une forêt de symboles
Convoque les mythes
Devant tant de beauté
Tant d’immensité
Ma plume s’envole
Les douleurs disparaissent
Et le spleen se métamorphose
En émerveillement.

Claire Martial – juillet 2026

La symphonie de la mer

Il fait toujours beau sur la mer
Mais moi si j’étais un poisson
Je traverserais les flots

     J’écouterai la symphonie de la mer
    J’écouterai la mélodie des vagues
    Et le chant des goélands
    J’écouterai le souffle du vent
   Et le roulis de la houle sur la falaise

Il fait toujours beau sur la mer
Mais moi si j’étais un poisson
Je traverserai les flots

J’écouterai la symphonie de la mer
J’écouterai le voilier dans le vent
Je me percherai sur son mât
Et un doigt vers le Sud
Je tutoierai les nuages

Il fait toujours beau sur la mer
Mais moi si j’étais un poisson
Je traverserais les flots

    J’écouterai la symphonie de la mer
   J’écouterai la plainte des sirènes
  Et le doux chant des baleines
  Ses flots bleus et noirs
  Son silence abyssal

           Au monde invisible
           Presque imperceptible
           Mon coeur s’ouvrirai
           Les flots je traverserai
           La lumière je franchirai
           Et la symphonie de la mer j’écouterai.

Claire Martial / Lyon / Novembre 2024

Un simple reflet

Les glaçons fondent dans leur verre de Spritz, la tranche d’orange s’accroche au rebord, la paille flotte en diagonale. Ils n’ont pas de suite aperçu sur la table basse, ce reflet jaune paille, reflet du chapeau du père, rapporté d’Italie, un chapeau qu’il quittait rarement.
Aujourd’hui c’est lui qui les a quittés.
Sa mort soudaine, inattendue. Tous deux sont absorbés, leur regard se croise, les mains jointes. Communion dans l’instant, silence. Son canotier, c’est toute l’Italie, son pays d’adoption, c’est Venise avant tout, un père voyageur aux ronds de chapeau, aux ronds dans l’eau. Une gorgée de Spritz. Un zeste d’amertume envers ce géniteur nomade, amoureux de l’ailleurs, globe-trotter aux multiples couvre chefs. Chapeaux et
sombreros, casquettes et chapkas, bérets et haut de forme furent sa signature et garderont son empreinte. Et ses enfants alors ?
Le reflet, la table basse, son canotier sans ruban : l’aurait-il relégué en secret dans la maison familiale en souvenir de sa passion dévorante pour la Senora Catalina de Venise, car chacun sait que depuis longtemps il partageait sa gondole, son palais devant le Grand Canal, son lit à baldaquin et ses allers-retours à Murano.
– Je me demande tiens regarde si ces verres à pied ciselés ne viendraient pas de Murano, souviens-toi, il négociait, il marchandait tout, tout le temps, trafiquait-il ?
– Il avait un culot monstre, peut on dire le sens du commerce, il arrivait toujours à ses fins, à n’importe quel prix, jusqu’à en perdre son honneur, qui sait…
D’un geste vif, elle attrape le chapeau, ouvre grand la fenêtre et le lance avec force.
Enfin, dit-t-elle tout haut ! Hop là, le canotier s’accroche de guingois aux épines du rosier blanc, l’ aïeul défunt se retrouve tête nue et ses héritiers désenchantés.

Claire Martial / Les Estables / Juillet 2026

La fille du lac

Elle aime l’eau du lac
Son odeur de terre
Ses nuances de gris
Son grain sableux
Son courant paisible
Son silence complice
Un mystère insondable
Alors sur le dos
Des ronds dans l’eau
À l’infini.

Claire Martial / Lyon / Juin 2026

Danser en duo

Lorsqu’elle danse
Elle danse sa vie
Bras et torse en mouvement
En arabesques
De son fauteuil elle danse
Les roues pivotent
En musique, en rythme
Son partenaire s’élance
Un élan presque félin
Il s’abaisse à ses pieds
S’enroule autour de ses épaules
Sa tête cherche son front
Leurs quatre bras s’entremêlent
Et tourbillonnent en cadence.
Le temps d’un souffle
Elle glisse
Elle s’échappe
Sur le sol étendue
Elle redresse le torse
Se penche, se redresse encore
Ses jambes muettes
Déployées en queue de sirène
D’un mouvement ample
D’un geste lent et souple
Il soulève son corps
Et la hisse sur ses épaules
Elle, emportée par le flux
Telle une Miss Liberty
S’élève, dansent les bras
Son torse s’anime
D’une force prodigieuse
Invincible
Elle danse en duo.

Claire Martial / Les Estables / Juillet 2026

Église de Mazet St Voy

La petite église en granit et en lauze surgit au milieu des prés. Dès l’entrée sous le porche roman, le charme du lieu saint me saisit, une telle simplicité m’émeut, la lumière naturelle me guide. Un choeur semi circulaire, la nef en arc brisé, la voûte reposant sur une croisée d’ogives, murs de pierres blanches et grises, autel de bois ciré et ses fleurs des champs,
fenêtres en arche, corde pendue sous le clocher semi-gothique, parterre de chaises en bois, tableaux en triptyque, rosace en marbre gravée d’une croix copte, une porte en bois sculpté.
Ce matin-là, nous écrirons dans l’église, côte à côte, dans un silence abyssal, gagnés par la sérénité et la fraîcheur, unis par un lien sacré, le désir d’écrire, écrire un jour, écrire toujours.

Claire Martial / St Voy / Juillet 2026