Novembre soyeux comme fourrure

Temps de novembre
Soyeux comme fourrure de chat
Vibrant tel un Stradivari

Aucune étreinte n’est vaine
Aucun baiser ne se perd
Ton sommeil est d’or et d’argent

Il y a quelque chose d’impur
Dans trop de pureté
Le sais-tu, Amour ?

En la forêt,
Ta main dans la mienne
Si fragile, si douce
Et ma main dans la tienne
Si petite, si gaie
Nos mains connaissent le chemin des mots
Il suffit de faire silence
Pour capter leurs frémissements,
Les plus beaux sont les mots enlacés
Qui cascadent de doigt en doigt
Sans jamais se fatiguer
Et rient à veines déployées,
Les plus charmeurs sont les mots notés
Qui affûtent leurs clés
Improvisent des gammes
S’adonnent à de virtuoses concerts.
Dans le sous-bois, l’air est pur
Un murmure d’extase flotte sous la frondaison
Le ciel dans tes yeux bande son archet
Demi-tour sur place
Ton autre main dans la mienne
Si câline, si songeuse
Et mon autre main dans la tienne
Si tendre, si attentive
Et le moment dans sa courbe éphémère
SI INTENSE !
En bordure de tes lèvres
Soudain,
Un ruisselet prend naissance,
Irrigue nos cœurs
D’une source vivifiante
Distille un chant d’amour
Pour nos âmes à la treille fruitée

Nos deux corps,
Par l’Amour
Sculptés
Rallume l’écho traversant les âges
La nouvelle m’en arrive avec cette longue ride d’écume

Mon amant, s’il tournait les talons
Laisserait une trace nacrée
Sur le sable mouillé de l’oubli
Mais l’Acte Sacré resterait

La nuit est tombée
La douceur d’aimer éclaire le sentier
Alors,
A califourchon sur le croissant de lune
Nous voici devenus deux astres
Qui nous éclairons mutuellement
Nos murmures sont des mots
Nos mots sont des chants
Invoquons cet univers bienheureux
Pour que jaillissent davantage de Liberté
De Légèreté et de Partage entre les Hommes !
Nous pourrons encore et encore
Connecter nos cœurs
Epuiser nos corps
Agrandir nos âmes

…  Mes écrits n’auront pas de fin

Michelle CHEVALIER – novembre 2025

La fantaisie

 

Où vont les rêves de la nuit?

Les rêves de la nuit ne s’en vont pas.
Pourtant, au réveil, une catégorie de rêves – les plus fréquents – semblent litérallement s’évanouir sans aucune possibilté de les rattraper. Il me plait d’imaginer qu’ils restent tapis dans un coin de ma tête, et continuent d’exister … même s’ils sont en dormance pour l’éternité.
Les rêves qui choisissent de s’accrocher aux limbes de mon cerveau, parvenant à laisser trace d’une vie nocturne, à mon insu, sont plus faciles à démasquer, à mettre en rapport avec tel ou tel évènement vécu.
Mais les rêves les plus malins, les plus impertinents affichent une étrangeté désarmante, surnaturelle; ainsi jalonnent-ils mes nuits! Je les compare à des arpenteurs, qui sans relâche, mesurent en tout sens, vont et viennent, ouvrent des portes, les referment avec grand fracas. Ces rêves m’interrogent, m’avertissent, peut-être même me protègent-ils? M’évitent-ils également de tomber dans les ornières? M’ouvrent-ils aussi la voie vers l’Au-delà?
J’écris souvent sur ce genre de rêves.
Enfin les plus spectaculaires restent ancrés dans ma mémoire vive et ne s’effaceront pas; ils sont plus rares mais véhiculent, à tout jamais, des informations impensables que je garderai secrètes durant mon existence.

Compagnons de la route céleste, les rêves sont comparables aux thés, de par leur saveur, leur odeur, leur ambiance, leurs bienfaits. Je les laisse s’infuser en moi, afin que l’un comme l’autre me pénètrent intensément. Cadeaux précieux.

Ca flotte entre rêves et réalité
Comme deux notes de musique
Diaprées.

Rêve et vie, même combat!
Si l’un venait à manquer
La seconde en tomberait malade

Michelle Chevalier Mai 2025

La Nature et l’Humain

Ah ! Septembre rouge
En sa beauté automnale
Sorbier aux oiseaux

Le ruisseau gazouille
Clairière enluminée
Sapins sous le charme

Quelque part,
Dans les montagnes
Aux lèvres poudrées de neige
Un homme, un loup
Se surprennent

…………………..

Sentiers d’automne
Haïkus en gestation
Cailloux de Poucet

Un athlète roux
En canopée, constellée
D’éclats de noisettes

Pommes et poires
Tentative d’approche
Rouge et or en bouche

Jardiniers courbés
Embrouillamini de voix
Bu par le brouillard
Beaumont le Roger
Le bramement des grands cerfs
Biches à l’arrêt

Soleil d’automne
Frénésie des sens
En attente

Michelle CHEVALIER

La leçon d’aquarelle

Pour ce stage en plein air, le choix devait se porter sur des couleurs transparentes depuis une liste précise de teintes.
Préparer avec soin et même minutie le matériel nécessaire, ne rien laisser au hasard. Se procurer un beau papier de tel grammage, un assortiment de pinceaux, une palette, une planche, un gobelet…
Cette étape demande du temps, de la concentration et permet de libérer par la suite le geste de peindre en mêlant l’eau au pigment. Un geste rapide et définitif. Il est possible de revenir sur une trace avant qu’elle ne sèche, délicatement avec les poils d’un pinceau, enlever un peu de matière pour laisser passer la lumière.
Car tout l’art de l’aquarelle consiste à laisser passer la lumière.
En usant de transparence, en allégeant ses pigments mais aussi en traitant l’ombre. Car l’ombre révèle la lumière.
Notre professeur faisait danser ses pinceaux sur la page avec dextérité, de ses pinceaux naissaient des paysages délicats, tout en nuances, aérés. L’eau, l’air, la lumière en fusion faisaient vibrer ses œuvres.
Nous étions plus maladroites nous, les stagiaires, mais nous avons tenté de reproduire cette légèreté, tenté de diluer le ciel dans l’eau, tenté de faire couler l’eau en brossant la feuille presque à sec.
Car pour peindre l’eau il faut être à sec,
Pour peindre le ciel il faut de l’eau.
En laissant apparaitre le blanc de la feuilles comme une respiration, comme un souffle, en posant les ombres avec le bon mélange de pigments, on permet le passage de la lumière.

Catherine Cohen
Paris, le 23 février 2026

Cascade réalisée pendant le stage d’aquarelle

REVUE ET PARC : les annonces

REVUE DU PARC février 2026 et annonces pour mars et avril

Chers amis, voici la revue du Café poétique du Parc de février 2026.

merci à tous ceux qui par leur textes ou leur soutien nous aident à garder la tête et le coeur en poésie

l’événement c’est le Printemps, la force de la nature qui se renouvelle et c’est pourquoi le thème de mars
sera LA NATURE ET LA VIE  (envois de textes jusqu’au 30 mars)
les deux rendez vous normands d’atelier direct seront le mercredi 4 à Glisolles et le mercredi 25 chez moi
Et deux événements-rencontres sont à prévoir (voir affiches en pièce jointe)
l’un à Evreux  le 14 mars (Hommage à Emilia Silvi qui viendra de Lanciano (Abruzzes)  pour nous présenter son dernier ouvrage bilingue.
l’autre à PARIS  Saint sulpice le 15 avril – un groupement inédit d’auteurs qui appellent à une mise en commun des créativités .
« Songez à gaiement et librement vivre » (précepte  de François Rabelais)
Martial

L’art et la lumière

Lumière zénithale sur la grande galerie à ciel couvert du musée d’Orsay.
Fourmis à la recherche de l’œuvre qui fera chavirer leur cœur.
Valse piétinée en ronde autour de corps statufiés alanguis.
Perfection des formes, romantisme, mythes et légendes.
Étourdie par tant de beauté, un temps de pause d’arrêt sur image,
Temps d’écriture pour exprimer l’émotion.
La lumière du ciel d’hiver adoucit les formes,
L’éclairage naturel des œuvres exposées.
Retour dans les ateliers auprès des peintres amis,
Guidés par l’harmonie et la communion des hommes et de la Nature.
Scènes d’Histoire, symbolique des mythes côtoient
Les tableaux de scènes de nature et de vies champêtres.
Horloge du temps qui égraine les heures, martelant
L’histoire de ces heures glorieuses.

Paris février 2026

L’ile au trésor

Et un texte en vers libres

Où suis-je ?
Dans l’instant
Passager clandestin
D’une poussière tournante
Je rêve de la baie
D’une île pacifique
Derrière un promontoire
Se cache un noir vaisseau
Qui vient pour un trésor
Laissé par les pirates.
Un canot accoste une plage
De sable jaune et fin
Qui croule sous les pieds
La troupe menaçante
S’enfonce en la forêt
Et le chef une carte en main
Observe des palmiers
Qui forment comme un cercle
C’est là qu’ils trouveront
Le grand coffre enterré
Aux serrures de bronze
Et décoré de nacre

L’ours et le miel

Dans l’air flotte un parfum de thym
De fleur sauvage et de butin,
Frère l’ours lassé d’autres viandes
Suit des abeilles la guirlande

Jusqu’au jardin des potirons
Des grands soleils couleur citron
Et des tomates écarlates
Il bouscule toutes les plates
Bandes et suit chemin pavé
Blessant son pelage crevé
De piques d’insectes par vagues
L’environnant comme des algues

Alors, sous le ciel ardoisé
Il se prépare à tout briser
Et dispersant tous les légumes
Comme on vide un nid de ses plumes

L’odorat qui le guide encor
Du miel lui fait trouver le port !
Vers la nourriture entassée
Dans la ruche bientôt cassée

Martial Maynadier

LA CHALEUR DE L’ÉCRIRE

La chaleur de l’écrire allume le bien être
D’un souci de clarté qui nous vient en l’esprit
Et qui veut restituer tous les textes appris
En gardant le meilleur pour oublier le pire

Écrire, c’est parler la langue des lectures
Se souvenir des vers et des rimes sonores
D’un monde poétique où la faune, la flore
Et tout le genre humain, sont d’une autre facture

Créer, c’est cultiver le don de Prométhée
Mettre le feu du ciel en les eaux du Léthé
Et comme d’un volcan s’écoule un flot de lave

Laisser l’encre envahir toute la page blanche
Sans arrêter la main ni que l’âme ne flanche
Pour retrouver les mots que l’ange et l’enfant savent.

Un été de canicule

En ces temps d’autrefois, jeune sans le savoir,
Je passais mes étés, dans de grandes vacances
Comme un prolongement d’une trop longue enfance
Ma mère à la campagne aimait me recevoir

Je retrouvais là-bas sans m’en apercevoir
La famille d’antan, que dans l’adolescence
Je pensais immuable et sans obsolescence
Ces oncles et ces tantes que je ne peux revoir

L’été deux mille trois, au retour d’Italie
La chaleur débordait d’amour et la folie
Des voyages, des chants, tout semblait éternel

La canicule alors s’installa lourde et forte
Et je ne savais pas que derrière la porte
Se profilait la fin de ce lien maternel.