La��eau : les peintres et les arts plastiques

Alchimie de l’eau sur les pigments de peinture diluA�s sur une page

Pinceau imbibA�
Traits de couleurs confondues
Trace du printemps
Vert d’eau, rouge sang
Pinceau couchA� librement
Graton sur la feuille

A� partir d’une aquarelle de CA�zanne “Bords d’une riviA?re”

Le regard se fond dans la toile, se perd dans la transparence de l’eau. Calme et beautA�. Nature magnifiA�e. Le reflet des arbres dans l’eau est plus net que le bosquet A�bloui par la lumiA?re. Le soleil et l’eau se confondent. La terre ramA?ne A� la matiA?re, au contenu, A� l’A�paisseur. Un trait de couleur plus appuyA� retient l’eau qui s’A�panche.

A� partir des A�uvres de Friedensreich HUNDERTWASSER

“Nulla dies sine linea” ” cursiva” aurait ajoutA� Friedensreich Hundertwasser (Pas un jour sans ligne a��courbe).

La courbe galbe la forme, A�pouse les reliefs, adoucit le regard enfantA�. Matrice centrifuge, l’A�il aspirA� par son centre : The boy with green hair. Courbes en 3D donnent aux tableaux d’Hundertwasser une force, un mouvement qui nous entraine dans une ronde enfantine. Les couleurs vives et contrastA�es des faA�ades revisitA�es par l’artiste transfigurent les bA?timents ; l’austA�ritA� disparaA�t faisant place A� des maisons en pain d’A�pices surgies d’une forA?t miniature, luxuriante, verdoyante, tout droit sorties d’un conte byzantin.

La mine de mon crayon circonvolutionne, ma main s’assouplit, rondeur des lettres qui courent sur le papier, s’A�panchent sur la feuille, viennent A� la source de l’inspiration. La pensA�e s’A�coule comme une source intarissable.

Goutte d’eau, goutte de mots, A� nulle autre pareille, teintA�e de la lumiA?re du ciel, chargA�e de pluie et de larmes nourrissant la terre, dA�saltA�rant le pA?lerin.

A� partir de la performance de Bill Viola

Pluie torrentielle d’eau A�toilA�e, frappant le sol, inondant l’espace. Douche saisissante et vibrante, trombe d’eau, faisceau lumineux. L’homme surpris lA�vite, la tA?te et le buste soulevA� de terre par la force de l’eau. Balle bondissante, flottant en apesanteur, les pieds se font nageoires, l’esprit se libA?re, l’A?me s’A�lA?ve. Se laisser aspirer par le haut, poursuivre l’ascension jusqu’A� l’origine de la source. PortA� par les bulles, l’homme est lumiA?re, translucide, diaphane. Il se dissout comme un comprimA� effervescent, ses contours se fondent jusqu’A� disparaA�tre.

Les pA?les s’inversent, l’eau est aspirA�e, elle s’arrache du sol A� la suite de l’homme qui, captant son A�nergie, la condense jusqu’A� la transformer en un bombardement d’A�toiles. PropulsA�e dans l’univers, l’eau forme une voie lactA�e gravitant en cercles concentriques autour d’un trou noir, A�il d’un cyclope A�nuclA�A�, symbolise du tout, de l’unitA�.