La leçon d’aquarelle

Pour ce stage en plein air, le choix devait se porter sur des couleurs transparentes depuis une liste précise de teintes.
Préparer avec soin et même minutie le matériel nécessaire, ne rien laisser au hasard. Se procurer un beau papier de tel grammage, un assortiment de pinceaux, une palette, une planche, un gobelet…
Cette étape demande du temps, de la concentration et permet de libérer par la suite le geste de peindre en mêlant l’eau au pigment. Un geste rapide et définitif. Il est possible de revenir sur une trace avant qu’elle ne sèche, délicatement avec les poils d’un pinceau, enlever un peu de matière pour laisser passer la lumière.
Car tout l’art de l’aquarelle consiste à laisser passer la lumière.
En usant de transparence, en allégeant ses pigments mais aussi en traitant l’ombre. Car l’ombre révèle la lumière.
Notre professeur faisait danser ses pinceaux sur la page avec dextérité, de ses pinceaux naissaient des paysages délicats, tout en nuances, aérés. L’eau, l’air, la lumière en fusion faisaient vibrer ses œuvres.
Nous étions plus maladroites nous, les stagiaires, mais nous avons tenté de reproduire cette légèreté, tenté de diluer le ciel dans l’eau, tenté de faire couler l’eau en brossant la feuille presque à sec.
Car pour peindre l’eau il faut être à sec,
Pour peindre le ciel il faut de l’eau.
En laissant apparaitre le blanc de la feuilles comme une respiration, comme un souffle, en posant les ombres avec le bon mélange de pigments, on permet le passage de la lumière.

Catherine Cohen
Paris, le 23 février 2026

Cascade réalisée pendant le stage d’aquarelle