Mythe et arts plastiques

Il est possible que je vous semble double, mais il n’en est rien. Je me sens bien comme ça. Parfois gringalette, maniaque et obsessionnelle, ligotée par mes attaches, mes rites, mes peurs. Parfois Goliath au cœur tendre, sauveur de l’opprimé, secours du faible. Femme, homme, qui le sait ? Cependant, il n’est pas certain que je ne devienne pas une autre, la triplée en train de naître, mais laquelle ?

Je crois que je suis celle qui change et il est possible que mon identité soit faite de plusieurs facettes, que je sois destinée à me métamorphoser.

Etre une créature protéiforme présente certains avantages et je refuse de penser que cette faculté d’adaptation soit une solution de facilité, une sorte d’opportunisme, comme aller dans les sens du vent au gré des événements.

Il est vrai que, semblable au cours des saisons, insaisissable et désobéissante, je suis changeante comme l’eau qui, au gré du temps, se mue en pluie bienfaisante, en glace perfide, devient gouttelette de rosée, vague mortelle ou neige qui fond, fond.

On peut toujours dire que je suis celle qui se fond dans le paysage, qu’on ne remarque pas, souple et transparente. Mais, je refuse d’admettre que je sois inconsistante. Je suis celle que je veux être au moment M, disponible au courant qui passe, ouverte aux contradictions.

Je suis plusieurs, protéiforme, c’est vrai. Mais au fond de mon antre, je suis une, et fidèle à moi-même.

Saurez-vous jamais sous quelle forme ?