Au jardin botanique

Au jardin botanique du Mazet St VOY

Nous entrons au jardin botanique, une matinée caniculaire, un soleil de plomb, le jardin paraît épuisé, tant de soleil, si peu de pluie
depuis des mois. Un pont de bois enjambe le ruisseau, presque à sec. Les oiseaux piaillent, les hirondelles se croisent, un gigantesque
bouleau frémit, surpris, une légère brise, le chant d’une cloche accompagne notre déambulation, le millepertuis a fleuri en plein soleil, les iris ont fané, de jeunes pousses d’ortie sur les rives du cours
d’eau résistent, les baies de sorbier tardent à rougir, un calme souverain envahit le jardin, les arbres résilients se penchent vers nous, ombre bienfaisante, le ruisseau serpente mais ne glougloute plus, un petit monticule de terre fraîchement moulue par une taupe
assidue, perles de rosée sur l’herbe sèche, les iris d’eau gambadent malgré tout, en si peu d’eau, les saules pleureurs souffrent et pleurent sans larmes, les feuilles de châtaignier ont attrapé la rougeole, le coq chante, les poules lui répondent, les fleurs des tilleuls ont flétri, leur
parfum ruiné par la canicule, le noyer reste miraculeusement vert, angélique et guimauve s’inclinent, la vaillante valériane se redresse devant la timide sarriette.
Un oasis, ce jardin botanique, épatant…mais pour combien de temps encore !

Claire Martial / Mazet / Juillet 2026