Mythes et arts plastiques

Culbleuto

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DA?s sa naissance, Culbleuto pense qu’il est double, impossible pour lui de n’A?tre qu’un, deux en un, il joue sur les deux tableaux. Un jeu ? Oui, Culbleuto est joueur et farceur, il va vous surprendre dans ce labyrinthe !
Une A�preuve ce labyrinthe ? JonchA� d’A�pines, de ronces, d’insalubres marais, de sables mouvants, de taniA?res obscures : Culbleuto se lance le dA�fi, inconciant des dangers qui l’attendent !
Je me faufile, je me glisse , je me pique. Goutte de sang, goutte de vie. Je serpente sous une branche crochue, vA�nimeuse : un reptile malfaisant prA?t A� cracher son venin ou la branche rugueuse d’un arbre de JudA�e ? Un pince-oreille s’accroche A� mon lobe, s’accroche vraiment, je suis enlobA�, je deviens presque sourd, je n’entend plus que la terre qui se dA�sagrA?ge, se dissout, A�s’A�miette et s’immisce sous moi, sur ma peau. Je coule dans un prA�cipice de sable doux. Suis-je marmotte ou ragondin dans ce rA?ve bienfaiteur ? Un terrier, un fossA�, et me voilA� devant une colonie de batraciens aux yeux exorbitants, A� la bouche amphibienne, aux pattes gluantes qui s’aglutinent les unes sur les autres, un tas ! Mon A�paisse fourrure permet de zigzaguer entre les A�pineux. Mon odeur de terre mouillA�e rA�vulse les insectes, tant mieux. J’avance diablement vite malgrA� tout. Pourtant l’aigle noir qui tournoie me hante : larges ailes dA�ployA�es, bec crochu, pattes griffues, mais n’a qu’un oeil, un oeil de verre. Une chimA?re ? Qui sera la prochaine proie dans ce maudit labyrinthe du Minotaure ? Je suis A� l’affA�t !
Une A�nouvelle A�intersection, puis une autre fourche, je lA?ve la tA?te sans cesse. Que choisir ? Que dA�cider ? S’en remettre A� soi, A� l’instinct ? RepA�rer des indices ? Je ne sais pas…Une odeur A�pouventable de charogne me disloque, stoppe ma progression : prA�sage d’une rencontre animale ? Je tremble , je claque des dents. AprA?s les oreilles, je me bouche le nez, mais rien n’y fait ! La chaleur crue du soleil A�crase et mord la peau en feu, tout ombre a disparu, enfouie dans la terre sA?che. Pas de traces, pas d’empreintes, une sorte de jungle. Envahi par une torpeur saisissante, je m’adosse comme je peux contre une aubA�pine odorante, un rA�gal ! Suis-je fakir ou triste sire dans ce dA�dale touffu ?
Ce rA?ve arrive devant le marais. Je suis kangourou A� la poche accueillante. Je saute en culbutant, je titube, je divague…un gourou, oui , ses conseils, ses plans, ses directives seraient bienvenues.
Ou une sainte, l’apparition d’une sainte, comme Sainte Rita par exemple, patronne des causes perdues. Ce parfum d’aubA�pine ennivrant devient mon ange gardien, ma protection. Je l’implore, je le prie, je lui parle, je me laisse sA�duire par lui, embaumA�. Transportes moi loin d’ici, traA�ons A�ensemble une route, la route des parfums, traces de vie, empreintes des corps. Alors nous sauterons les haies, nous danserons A� l’unisson, nous volerons sans effroi, sans se blesser, immunisA�s.
Culbleuto ferme les yeux, en A�tat de grA?ces, portA� vers une A�ternitA�.