Poème de bric et de broc

La grande armoire

La porte grince et derrière
le sable des voyages,
et le flacon qui le contient.
Des choses inavouées dans le journal de Berthe,
bien cachées, oubliées,
secrets, bonheurs et jours tranquilles.
L’odeur de mystère de la boite rouillée.
Scellée par le temps et l’humidité,
elle résiste.
Les objets hétéroclites d’un ancêtre,
relégués ici par un autre.
Objets de son dégoût, ou justes passés de mode,
encombrants en leur temps.
Un bricolage de mon père, pas fini, ébauché.
Je le regarde travailler.
La vieille boite cède.
Aiguilles rouillées, rubans et dentelles,
une bande au point de croix,
des boutons, un insigne militaire.
A qui cette cousette ?
Un tiroir vide, fin des découvertes.