Le liquide et la couleur

Ligne des paumes, ride du visage, tremblé de l’ombre accompagnant les moindres gestes, le souffle glacé des ailes noires, frisson.

Colonne noueuse, charpente érigée, cœur battant, la femme se redresse, assure son geste et s’élance hors les murs, étouffoirs des cris de sa nuit.

Ton sur ton, elle s’étire, se contracte, se rétracte, se dilue, se fond dans le décor.

Libéré de l’apesanteur des maux, à contre-courant, avec ardeur, elle fend l’air chauffé à blanc;

Fouler le sentier pierreux, le souffle compté, l’effort mesuré, la gorge nouée, atteindre le sommet, s’avancer au droit fil du promontoire.

Là, fermer les yeux, inspirer, ne plus résister à l’impérieuse tentation et contempler à l’envie les merveilles cachées dans l’ombre imposante de la montagne.