Le goût des bonnes choses agrémenté de dix mots de “Mort sur le Nil” p 85

Au milieu de tous ces papiers mon cahier de recettes. Relire certaines est une formalité, tant je les ai faites et goûtées. Les criques de Mamée, la mousse au chocolat… D’autres demandent d’avoir le pied marin, c’est un autre voyage.

Saint-Honoré, Forêt noire ou blanquette de la grand-mère. Elles sortent pour une grande occasion, pour faire plaisir à quelqu’un qu’on aime et qu’on ne veut pas décevoir. On ne les aborde pas avec une expression d’anxiété et de crainte, il ne faut pas exagérer. Le plaisir reste partagé, avec un zeste de tension.

Et commence la préparation. Les bonnes odeurs, les ingrédients rassemblés, sélectionnés, préparés, les ustensiles, la belle vaisselle. La sensualité des mélanges et pétrissages, le bout des doigts chocolaté qu’on se lèche à côté du beurre qui crépite dans la poêle, attendant le filet de bœuf.

Il fait chaud, on étouffe. On s’active, on enfourne, on rafraichit, on découpe. Puis tout est prêt. La table est belle et attend les convives.

Les alcools et les vins accompagneront ce repas sacrifié sur l’autel de l’amitié ou des réunions de familles. On trouvera bien une ingrate pour pleurer sur la nourriture trop riche. On la laissera dire en dégustant une cuillère de cette excellente crème anglaise, ou un morceau de brioche aux fruits confits, une bouchée de tarte ou un morceau saignant et bien saisi de viande…

Quoiqu’elle en dise, on se dira qu’ on est aussi bien qu’à l’arrière du bateau, à la tombée de la nuit, lors d’une croisière sur le Nil.