La découverte du sourd suivi d’Androgyne sur la voie

La découverte du sourd

Bleu-violet de la myrtille claironnante
Là où fleurissent les guêpes en alerte
Nectar des anges nus gravissant la sente
Ô joie solaire du sourd pour sa découverte
 
Le peintre ferait le portrait de l’amante
Le corps glacial de la morte du tertre
Son sein blanc laiteux sa gorge peu couverte
Sourire glacé de lèvres rayonnantes
 
Mais qui peut ici espérer voir le jour sans fin
Là où la mer charrie les vagues du chagrin
Le pourpre saigne à vif le chant des mésanges
 
Un chant d’amour et d’espérance dans le lointain
S’élève de l’océan de feu du lamentin
Là où le soleil est une pomme jaune-orange
 

Androgyne sur la voie

Comme une montagne où vivraient des androgynes
Au torse bleui à l’eau fraîche du glacier
Aux fesses rosies par carottes de vorgine
Les mamelles blanchies du yack d’acier
 
Car l’animal mythique au lait cru à foison
Nourrit ce peuple erratique aussi d’hydromel
Et fournit à chaque saison toute sa toison
Pour garder au chaud les ruches en sommeil
 
Ô pays très sacré aux traditions anciennes
Terres de volcans et de glaciers scintillants
Doux paradis des androgynes bleus qui viennent
Apporter Beauté Force au monde vacillant
 
Lumière chatoyante en mes nuits d’espérance
Étoile flamboyante en mes noirs cauchemars
J’avance pas à pas au chemin d’insouciance
Je m’abreuve en rêvant de ce divin nectar