Bibliothèque verte

Il est neuf heures peut-être, extinction des feux, maman est intraitable.

Je ne peux laisser Alice seule la nuit au milieu de ces bois, à la poursuite du criminel que je sais, elle démasquera et mettra hors de nuire.

Je sors ma lampe de poche, me couvre du drap, tend l’oreille pour savoir si je suis démasquée… C’est bon. Vite je reprends le fil de l’histoire, retrouve l’endroit exact où j’ai laissé l’intrépide jeune fille et je l’accompagne dans ses aventures. La nuit avance et je lutte contre le sommeil, les mots dansent dans le rond jaune, mais je veux savoir comment elle s’y prendra, si le meurtrier est bien cet odieux personnage que je soupçonne. C’est dur, mais je tiens, ou presque.

Soudain la porte de la chambre s’ouvre. « Catherine, éteins ! Il est onze heures. » Ma mère me prend la lampe de poche, je me rends.

La bibliothèque verte a changé ma vie, me donnant le goût des aventures écrites, des voyages dans l’imaginaire des autres. Elle m’a fait découvrir la tension dans l’attente du dénouement, m’a préparée à d’autres rencontres plus essentielles, vers des marathons lecture ou de délicieux butinages de lignes savoureuses.